Aux armes éco-citoyens, les ordures attaquent !

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CCV-SERD-Episode 3

Je ne sais pas si, comme moi, vous aimez les films d’anticipation et autres fictions futuristes. Les récits se déroulent dans des époques et des sociétés, certes imaginaires, mais souvent hostiles à l’humain.  Cette science-fiction, que l’on crédite parfois de post-apocalyptique, mets en scène la civilisation technologique terrestre qui s’écroule ou s’est écroulée. La population humaine n’est plus que l’ombre de celle qu’elle était et le monde qui l’entoure, ressemble à un vaste champ de ruines et d’immondices.

Mon goût pour ce genre de film peut certainement s’apparenter à celui des adeptes de films d’épouvante, aimant ressentir des frissons de terreur, bien à l’abri dans leur canapé. En bons spectateurs, nous sommes conscients que nous regardons des fictions qui ne reflètent en aucun cas la réalité. En sommes-nous vraiment sûr ? Autant je ne redoute pas de croiser un lycanthrope dans une rue de Nouméa par une nuit de pleine lune, autant je peux me projeter sans effort dans un futur proche, évoluant dans une rue qui n’en serait plus une, transformée en gigantesque décharge publique. En évitant les rats grouillant entre mes pieds, je serai le témoin d’une civilisation à bout de souffle, destinée à disparaître car victime de ses propres excès…

Les scénarios pour que mes névroses se réalisent sont multiples et plausibles, mais les solutions pour contrer ces hypothétiques futurs sont, eux aussi, nombreux. On en trouve d’ailleurs un certain nombre parmi les actions promues par l’Agence de la transition écologique (l’ADEME²) lors de la Semaine Européenne pour la Réduction des Déchets (SERD). Notre futur, c’est maintenant qu’il s’écrit et qu’il faut s’en soucier. Alors si vous ne souhaitez ne pas finir dans un monde aussi cruel que celui de Mad Max, il est tant d’adopter de nouveaux et bons comportements.

En appliquant certains concepts, peut-être ne sauverons-nous pas notre monde, mais au moins, nous ne serons pas de ceux qui l’auront poussé dans le précipice en baissant les bras face au déferlement des vagues de déchets qui nous submergent. J’en conviens ça peut sembler être une maigre consolation. Mais ne perdons pas espoir et réagissons ! Voici quelques exemples de ripostes aux perfides assauts des ordures et autres déchets

  • Riposte 1 : La prévention

Partant du constat que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, un effort est mis sur les actions qui peuvent prévenir la production de futurs déchets en optimisant par exemple les process de production industrielle. A ce niveau, l’implication des particuliers est faible. Ce sont les entreprises, principales productrices de biens de consommation, qui peuvent influer par le biais de ce type de riposte en adaptant leurs procédures de fabrication.

  • Riposte 2 : La réparation

Effectivement, les activités de réparation contribuent au prolongement de la durée de vie des produits et retarde par conséquent la création de déchets. En luttant contre le principe d’obsolescence programmée²², fréquemment adopté par certaines sociétés peu scrupuleuses et productrices d’équipements, la réparation cherche à remettre en fonction un bien et ainsi prolonger sa durée exploitation.

  • Riposte 3 : Le réemploi²²² et la réutilisation²²²²

Les deux termes ne sont pas équivalents, ils ont toutefois pour objectif commun, de garder une matière ou un produit dans un cycle de production bien qu’il ait été déjà utilisé préalablement. Le réemploi est l’opération par laquelle un produit est donné ou vendu par son propriétaire initial à un tiers qui lui donnera une seconde vie. Le produit garde son statut de produit et ne devient à aucun moment un déchet. C’est ainsi que l’on peut considérer le réemploi comme une composante de la prévention des déchets.

La réutilisation quant à elle, est une opération qui s’amorce lorsqu’un propriétaire d’un bien usagé s’en défait sans le remettre directement à une structure dont l’objet est le réemploi. Il va déposer son bien usagé dans une borne d’apport volontaire, par exemple, ou dans une déchèterie (hors zone de réemploi). Le bien usagé prend alors un statut de déchet. Il subit ensuite une opération de traitement des déchets appelée “préparation en vue de la réutilisation²²²²²”, lui permettant de retrouver son statut de produit. Il peut alors bénéficier à un détenteur qui lui donnera une seconde vie.

Plusieurs points plaident pour la promotion de cette dernière voie que représente le réemploi-réutilisation. Effectivement, on constate que ces activités sont créatrices de valeur ajoutée et de qualification. Elles jouent un rôle de premier plan et véritablement structurant pour les politiques de prévention des déchets. Enfin, au même titre que les fabricants, les distributeurs et les réparateurs indépendants, les particuliers font partie des acteurs. Tout comme la réparation, le réemploi-réutilisation contribuent au prolongement de la durée de vie des produits manufacturés et participent de ce fait à l’économie circulaire.

Nous ne pouvions pas aborder les concepts de réemploi-réutilisation sans nous pencher sur les emballages. Il s’agit d’une priorité à étudier et expérimenter, afin d’allonger leur durée de vie et de préserver par là même, des ressources naturelles nécessaires à la fabrication de nouveaux emballages.
Bien qu’encore répandu dans les circuits de distribution BtoB²²²²²² (palettes, fûts entre professionnels), le dispositif de consigne a aujourd’hui presque disparu des circuits BtoC²²²²²²²  alors que dans le cas des emballages de boissons et sous certaines conditions il présente de réels bénéfices environnementaux. Il faut convenir que, à ce jour, les connaissances sur le concept de consigne pour le réemploi, restent à approfondir, car les bénéfices économiques et environnementaux de ce dernier ne sont pas systématiquement assurés. Le déploiement de ce concept sera soumis à certaines conditions qui doivent être requises et formalisées.

  • Riposte 4: L’usage partagé

Pour achever ce passage en revue des troupes, il est à noter que de nouvelles pratiques de consommation s’observent depuis quelques années. Basés sur les usages partagés, véritables alternatives à la possession exclusive, ces modes de « consommation » prennent de l’ampleur. Dans les faits, les citoyens consommateurs gagnés à cette cause, favorisent la location, le réemploi, le troc ou encore le don au détriment de l’achat.

Alors si vous aussi, vous voulez épouser un avenir serein, viable et loin de tout monde post-apocalyptique, encouragez la prévention, soyez adepte de la réparation et favorisez le réemploi.

Colin Saldimalir

 

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