Un petit miracle tellement ordinaire

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Il y a quelques jours de cela, nous étions un samedi matin, et par cette belle matinée, je me trouvais sur l’un des trottoirs du centre-ville de Nouméa. Je marchais quelques mètres derrière un père et sa petite fille, et nous progressions tranquillement parmi un flot de quidams pressés. Nous étions à la fin novembre et je me dis que, déjà, la fièvre des achats de Noel avait fait ses premières victimes.  Plus haut, devant nous, une dame venait de rejoindre sa voiture garée sur l’une des places de stationnement jouxtant le trottoir. Elle posa ses nombreux sacs à ses pieds, afin d’ouvrir une portière, puis entreprit de charger son butin. Apparemment aussi pressée que les autres passants, elle expédia l’affaire, ne se rendant pas compte que l’un de ses achats avait quitté sa place dans l’un des paquets pour retomber au sol. Je n’avais pas été le seul témoin de l’incident, car, alors que l’étourdie venait de refermer sa portière pour rejoindre le côté conducteur, une petite torpille quitta sa base de lancement paternelle pour galoper jusqu’au véhicule impliqué dans le drame. Elle cria « Madame ! Madame ! Attendez ! » en achevant sa course. Le temps que la femme, interloquée, revienne sur le trottoir, la fillette avait ramassée l‘objet en cavale et le tendait à sa propriétaire. Cette dernière, ravie de la juvénile intervention, se pencha pour embrasser l’enfant. Le père arriva nonchalamment à leur hauteur. La dame, se redressant avec son bien en main, sut à qui elle s’adressait en voyant l’homme souriant s’arrêter aux cotés de l’enfant. « Monsieur, vous avez là une bien gentille jeune fille. Elle s’est précipitée pour nous venir en aide, à moi et ma pauvre tête ! » « Tout ça est bien normal Madame. Passez une bonne journée. » répondit d’une traite le père en poussant doucement sa fille pour qu’elle reprenne sa marche. « Bonne journée à vous Monsieur et merci beaucoup à toi, ma puce. » répondit la femme avant de jeter un dernier coup d’œil sur le trottoir, histoire de s’assurer que, cette fois-ci, TOUT était dans sa voiture ! Je doublais à mon tour le véhicule, plein de commissions qui étaient, pour nombre d’entre elles, certainement de futurs cadeaux (avant de devenir de nouveaux déchets). Je pensais sans vraiment savoir pourquoi « Tout ça est bien normal … ».

Mon regard se porta sur mon couple du jour qui trottait toujours de concert quelques pas devant moi. Mes éclaireurs croisèrent une des quelques poubelles publiques du centre-ville, qui comme ses congénères, débordait, recouvrant les alentours du collecteur de détritus. La gamine se mit à ramasser les immondices pour les restituer à leur propriétaire, madame Poubelle. Le père s’arrêta à son tour et fixa quelques secondes sa progéniture à l’œuvre. J’allais être le témoin d’un sévère sermon à l’encontre de l’enfant pour lui expliquer les risques sanitaires auxquels elle s’exposait avec ce type de comportement. Je cessais d’avancer afin de poursuivre mon observation sociale à distante suffisante pour ne pas l’influencer. Je dois avouer que la suite des événements me prit à contrepied. Le père s’agenouillant calmement, ramassa lui-même, une canette par-ci, un plastique par-là, pour assister sa fille, tassant le conteneur, qui d’abord récalcitrant, dut néanmoins abdiquer. L’opération achevée, la fillette jeta un coup d’œil circulaire pour constater sa victoire. La poubelle, docile, ne débordait plus. Le sol était libéré de tout déchet, rendant le trottoir de nouveau disponible pour accueillir les piétinants piétons. Le père avait, entre temps, sorti de l’une de ses poches une petite solution désinfectante. Il entreprit de frotter les mains de l’enfant après avoir laver les siennes. Ce faisant, il félicitait sobrement sa fille pour son initiative. Je n’avais pas repris ma marche tant je restais perplexe avec cette petite voix qui, dans ma tête, me murmurait doucement « Tout ça est-il bien normal ? »   

Certains pourront avancer que, dans cette petite histoire, il ne faut rien voir de plus que les fruits d’une bonne éducation. J’en conviens, mais de tout de même répondre : n’est –il pas là, le petit miracle ? L’avenir de notre planète ne passe-t-il pas par une prise de conscience collective des périls qui guettent notre société ? C’est cette étape essentielle qui garantira de notre part, une sensibilisation et un apprentissage adéquat de nos enfants vis à vis de l’environnement et de son respect.
Alors, si vous me le permettez : Vivent les petits miracles qui conduisent à de grands changements !

Bonnes fêtes à tous, avec le souci et le respect de son prochain et de son environnement.

 

Colin Saldimalir

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